Prioriser la sobriété et la convivialité pour résoudre nos problèmes humains et à toutes les échelles

La notion de sobriété - même si actuellement utilisée à toutes les sauces - est très intéressante quand elle s’approche de la notion de convivialité de Ivan illich

Les deux notions associées peuvent redéfinir les fondations du fonctionnement de notre humanité: oui rien que ça! 

En effet, se déplacer à vélo et sur des distances quotidiennes ne dépassant pas les 30km est convivial. La même distance maximum de l’aliment sortie de terre à l’assiette aussi. 

Il est possible de rédiger une bible de la « sobriété conviviale » - une guide très concret pour nous guider dans notre mode de vie au quotidien.

Certes le plus difficile n’est pas de connaître ce qu’on pourrait ou ce qu’on devrait faire mais plutôt de mettre en place le nécessaire dès aujourd’hui et en pas à pas pour le faire vraiment. 

Et pour se motiver à une telle aventure il faut y trouver du sens et une profonde intention personnelle: en quoi cette aventure vers la sobriété conviviale vaut la peine - et même - en quoi ce jeu vaut la peine d’être joué tous ensemble quelque soit nos cultures, nos nations, nos enjeux et à toutes les échelles? 

Si considérer notre société comme malade et voir la sobriété conviviale comme un traitement heureux et naturel n’est pas suffisant pour motiver assez à se jeter à l’eau, j’aime aussi voir une liste d’avantages très directs et concrets: 

  • à échelle personnelle, la sobriété permet d’économiser de l’argent et de mieux l’utiliser et l’investir - et la convivialité redonne le pouvoir sur son rythme de vie, le temps et la manière de gérer son énergie. En somme, on gagne plus qu’on ne perd!
  • à échelle du groupe et locale, la convivialité facilite le lien, les relations, la coopération et la sobriété invite à faire mieux avec moins faisant exister un nouveau contexte créatif et stimulant! Est-ce que ce qui compte ce n’est pas de prendre plus de plaisir dans des aventures à partager? 
  • à échelle globale, la sobriété vient réduire notre impact dégénératif et la convivialité redonne un rythme et des dimensions adaptées à nos besoins humains

Je ne sais pas si vous faites le même constat que moi, mais je ne vois que très peu de désavantages à explorer la voie de la sobriété conviviale. 

Certes l’histoire ne sera plus d’optimiser nos systèmes pour produire plus pour gagner plus. Amasser de l’argent pour certains sur les efforts démesurés d’autres ne sera plus le moteur principal de notre humanité. Et le pouvoir et la gloire non plus l’ultime graal à décrocher. 

Il y aura toujours ceux qui voudront s’accrocher aux vieux récits mais cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas en proposer d’autres. 

Je vois la sobriété et la convivialité comme des sources de contentement, de liens, d’humilité, de curiosité et de créativité. Dans le récit que jj’ai en tête cette sobriété est conviviale et donc pas radicale. Hors des jugements, de la violence et de l’opposition à ceux qui ne veulent pas de cette histoire mais plus une vrai invitation à jouer ensemble pour ceux qui en ont envie. 

Rien de radical donc et des erreurs encore tous les jours, des ratés et toujours des excès… mais conscients. 

Dans ce récit nous ne sommes plus des enfants gâtés mais des enfants joyeux, heureux d’être ensemble et de jouer le quotidien même si c’est avec un morceau de bois - parce qu’il n’y a pas besoin de grand chose pour s’éclater; regardez ces spectacles d’improvisation où le matériel en est réduit à une scène et des chemises noires.

La technologie ne disparaîtra pas, ni internet: elle fait désormais partie de notre humanité, c’est notre maillage “neuronal” collectif et universel. Mais comme le reste, elle sera plus sobre, justement utilisée suivant les principes de convivialité. 

Dans ce récit il n’y a privation de rien et pour personne: plutôt une redirection de nos énergies, de notre attention et de notre temps sur des espaces qui nous font du bien aussi mais autrement: des nouvelles opportunités de joies, de rires et d’amusements émergents du plus sobre et convivial. 

Dans ce récit, nous avons tout autant de chance d’être heureux que maintenant, mais pour plus de monde et en dégénérant moins le reste du vivant. Déjà rien que ça ce serait une autre forme de progrès. 

Et puis basculer de pourri gâté à humble amis joyeux et créatifs, ça me semble plus proche d’un idéal. 

Alors si comme moi vous avez envie de miser sur la sobriété conviviale et bien rencontrons-nous. Que ce soit à ton échelle, celle d’une organisation ou même plus globalement, je suis certain que nous pouvons tisser des choses ensemble pour faire exister un petit bout de ce monde, un peu plus idéal et à partager largement.

On s’écrit?

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